Villars à la traîne… dommage, les politiques tuent l’imagination!

Valoriser le bois de manière optimale grâce à l’utilisation en cascade.

Michael Reinhard, chef de la division Forêts de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), s’exprime sur la valorisation optimale du bois face à la demande croissante en bois et au changement climatique.

Michael Reinhard, chef de la division Forêts à l’Office fédéral de l’environnement
Michael Reinhard, chef de la division Forêts à l’OFEV

Ces dernières années, le bois s’est vu attribuer une fonction clé dans la transition énergétique. Aujourd’hui, la recherche d’autres sources d’énergie alternatives, comme la chaleur résiduelle, s’intensifie. Pour quelle raison?

D’une part, la quantité de bois disponible dans les forêts suisses est limitée. Le potentiel du bois-énergie encore disponible pourrait être rapidement épuisé, car de nombreuses grandes installations de chauffage au bois sont actuellement planifiées ou en cours de réalisation. D’autre part, du point de vue de la protection du climat, il est préférable que le bois soit utilisé longtemps et qu’il ne serve de source d’énergie qu’à la fin de son cycle de vie, lorsqu’aucune autre application n’est plus possible. Or, en 2021, les prix du bois-énergie ont dépassé pour la première fois ceux du bois industriel. Le bois-énergie entre ainsi en concurrence avec la valorisation matérielle du bois, dans laquelle la matière première reste plus longtemps dans le circuit, par exemple comme produit de construction, comme meuble ou comme fibre fraîche dans la fabrication de papier et de carton.

Comment tirer le meilleur parti de la ressource bois?

Tous les bois ne se valent pas. Ainsi, le bois de construction d’un bâtiment doit être d’une qualité bien supérieure à celle du bois-énergie. L’approche en cascade est donc particulièrement importante pour une exploitation optimale de la ressource. Au début de la cascade, il convient de privilégier le mode de valorisation qui présente la plus grande valeur ajoutée, qui génère le plus d’avantages sur le plan écologique et qui permet une large réutilisation. Le bois peut ainsi servir dans un premier temps à remplacer des matériaux de construction à forte consommation d’énergie, avant d’être valorisé énergétiquement. Pour une utilisation en cascade complète, la Suisse manque toutefois de transformateurs du bois à plusieurs niveaux, tels que les producteurs de cellulose.

Que vient modifier le changement climatique?

A court terme, le changement climatique devrait entraîner une surabondance de bois sur le marché, car les sécheresses et les maladies obligent souvent à abattre les arbres prématurément. Cela pourrait même aider les forêts à s’adapter au changement climatique. Enfin, on peut espérer que la nouvelle génération d’arbres pourra mieux se régénérer, notamment grâce à une gestion forestière proche de la nature et adaptée au climat. Néanmoins, nous devons nous préparer à moyen et long terme à un ralentissement de la croissance dans les forêts suisses et donc à un recul de la production de bois.