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Tout ce qu’il faut savoir sur le chauffage à distance à Villars sur Ollon

Le projet de chauffage à distance à Villars avance à grands pas, mais toujours sans que la commune en parle ouvertement. Le projet est en train de se réaliser dans le dos des habitants.

A croire que les candidats aux éléctions récentes n’ont pas voulu risquer de parler d’un projet tellement néfaste pour notre station, car jamais on en a entendu souffler mot pour ou contre. Pas surprenant alors que la plupart des Villardous se dit surpise de découvrir ce projet de centrale à bois et mazout implantée sur la Place du Rendez-vous, au milieu des habitations et infrastructures touristiques.

Développement durable ou mafia au service des grands intérêts financiers?

Pour ce qui concerne le développement durable, la commune d’Ollon reste bien à la traîne par rapport à d’autres communes. Notre commune ne s’est jamais intéressé au développement durable, jusqu’au jour où elle a compris qu’il y avait de l’argent à gagner pour certains!

Pendant des années, Ollon a préféré se passer des outils du canton pour sa planification énergétique territoriale. Entre 2012 et 2022 le profil énergétique de la commune n’a jamais été mise à jour, ce qui rend difficile la planification à l’horizon 2035. Contrairement à nos voisins, Ollon est sortie du programme « cité de l’énergie » en 2018.

A la place, notre commune s’est doté d’une « commission de développement durable » (CDD), comprenant 3 membres municipaux,menés par le syndique, et une délégation de chefs et responsables de services, et dont les noms sont câchés. Pourquoi? Evidemment parce qu’il y a quelque chose à câcher!

La CDD opère dans l’ombre, elle ne rende pas compte de ses déliberations ni au conseil communal ni aux électeurs, et jusqu’ici, semble n’avoir rien fait pour le développement durable à Villars au-delà du strict minimum légal.

Les perspectives énergétiques pour le plateau sont absentes du nouveau plan d’amènagement, le PACom, comme si la commune ne s’y intéressait pas du tout. Et en effet, elle ne s’y intéressait pas avant que le Villars Palace ne reclame une centrale à « bois » pour remplacer l’actuel chauffage mobile dont le VP dispose.

Le Villars Palace a un gros problème. Pour attirer une riche clientèle, il faut absoluement se montrer à la pointe, vanter ses efforts pour lutter contre le rechauffement climatique dont Villars souffre toujours plus avec sa manque de neige naturelle. Pourtant, le bâtiment est mal isolé, et le mettre au normes actuelles non seulement coûterait une fortune, mais détruirait tout son charme!

L’idée géniale du Villars Palace serait que la population de Chesières/Villars auraient à subir la pollution, le bruit, les nuisances et les coûts d’une centrale dont elle n’a pas besoin pour que le VP puisse faire de cette centrale un argument publicitaire écolo. Sa clientèle cossue pourraient bien dormir en croyant faire des efforts pour la planète sans jamais être incommodée par les immissions de mazout (car la centrale marchera à mazout en hiver dès que la station déborde de touristes).

Bien avant de communiquer ses projets aux habitants, en 2024 la commune a déjà cédé une partie de la parcelle parking du Rendez-Vous à Romande Energie pour 50 ans, afin RE puisse y construire une centrale de chauffage à distance. La commune ne participe pas à ce projet, et n’aura aucun contrôle ni sur la centrale ni sur le réseau projeté. C’est un projet privé au bénéfice de quelques acteurs privés de la station, au détriment des habitants et des touristes, qui vont subir les nuisances.

Au 31 décembre 2025, la population de Villars comptait 1 644 âmes. On peut imaginer donc que la consommation en énergie de ce bourg soit assez modeste par rapport au moyen Suisse, pour ne pas parler des émissions des guerres actuellement en cours. De plus, les fonds des propriétaires du Villars Palace proviennent du commerce des hydrorcarbures. C’est une hypocrisie flagrante, que nos touristes, montés pour profiter de l’air pur de notre station et confrontés avec les cheminées de 23m crachant la fumée, ne vont pas tarder à flairer et dénoncer sur les réseaux..

Le projet CAD « pourrait » éviter l’émission de 4750 tonnes de CO2/an dans l’atmosphère. C’est à dire qu’il faudra mille ans pour Villars de compenser les émissions des deux premières semaines de la guerre en Iran! Si on tient vraiment à réduire les émissions, mieux vaut faire son lobbying à Washington plutôt qu’à Ollon!

A Villars, on ne peut pas se permettre de faire fuir une clientèle fidèle depuis toujours, au bénéfice du VAR, qui n’est pas rentable et dont existence dépend entièrement des caprices d’un milliardaire.

Evidemment, les discussions sur le CAD entre la CDD, les hôtels et Romande Energie étaient déjà bien avancées lors de l’élaboration du PACom, mais en dépit de l’impact énorme que cette centrale aura sur le quotidien des habitants et visiteurs, la commune ne les a jamais informés, encore moins consultés!

Une telle manque de transparence envers la population est absoluement inacceptable. (Voir à titre de comparaison, comment se sont pris d’autres villages de montagne)

Le projet CAD poursuit son chemin malgré son incompatibilité avec les plans d’affectation en vigueur, et les nombreuses oppositions à son encontre. En décembre 2025, à deux jours de l’ouverture des pistes, la Route des Layeux (pourtant inscrit au cadastre cantonal comme chemin pédestre) était toujours impraticable soit pour les voitures, soit pour le piétons. Pelleteuses et goudron, collaient aux pattes! Depuis des mois, ce « chemin pédestre » a été tout simplement supprimé, pour poser des canalisations d’une centrale hypothétique. Et ça va continuer jusqu’en novembre 2026.

Maintenant que les touristes sont partis, ce chantier continue à nous embêter, sans mise à l’enquête, et sans que le projet CAD ait été soumis à aucune considération démocratique par nos élus.

Le développement durable des centrales à bois remis en question

Un nouveau rapport publié en avril 2026 dans “Nature Sustainability” démontre, qu’en produisant de l’énergie avec le bois des forêts existantes, il faudra des décennies pour arriver à des émissions négatives. Les scientifiques (parmis lesquels des américains, chinois et britanniques) ont expliqué que la plupart des émissions associées avec la combustion du bois sont générées avant même que le bois arrive à la chaudière.

En plus, les coûts pour le consommateur vont augmenter.

On sait d’ailleurs que les forêts en pente raide et difficiles d’accès, comme c’est le cas à Ollon représentent des écosystèmes fragiles et complexes. Leur exploitation est compliquée, et on voit souvent les hélicoptères évacuer les troncs un peu partout sur la commune. Le projet CAD n’en tient pas du tout compte de ces coûts et dépenses supplémentaires en énergie. La plupart du bois viendra des communes limitrophes, nous dit on. Mais vraiment? Et qui va le contôler? Evidemment, on ira chercher le bois le moins cher, sans trop se soucier des distances à parcourir en camion diesel.

En plus, le bois est moins éfficient que le gaz fossil, et peut générer deux fois plus de carbone par unité d’énergie produit que le gaz.

Tim Searchinger, chercheur principal à L’Université de Princeton, qui a mené cette étude, conteste les subventions versés par nos gouvernements pour encourager l’utilisation du bois comme combustible, avec ou sans la capture de carbone.

Il estime que cette ruée vers le bois de nos forêts va augmenter considérablement les émissions de gazes à effet de serre, et même, étonnament, qu’il serait préférable de ne rien faire de ce bois.

Selon lui, il faudrait changer les lois qui présument érronément que le carbone émis de la combustion du bois pour produire l’énergie n’a pas d’incidence sur les émissions de gazes à effet de serre. Ces émissions vont fortement augmenter dans le décennies à venir. Pour mitiger au long terme, il faudrait replanter, avant même que les forêts soient abattues, mais à Villars, on veut bien abattre sans avancer des projets pour remplacer les forêts disparues! Et ceci sans compter que nos forêts jouent un rôle primordial en stabilisant les sols contre les glissements de terrains, qui sont malheureusement trop fréquents sur notre commune.

A Villars, c’est le VAR qui décide!

Depuis quelques années, le Villars Alpine Resort (VAR) a installé un chauffage à distance mobile (apparement à bois) mais en effet actuellement alimenté uniquement par le gaz, sur son terrain. En épluchant leur matériel promotionnel, on comprend que le VAR cherchait là un argument de marketing plutôt qu’un effort sérieux pour réduire leurs émissions.

Pour le Canton, ce chauffage mobile provisoire était arrivé à échéance, d’où l’intérêt pour le VAR de faire construire une centrale CAD au coeur du parking du Rendez-vous.

Romande Energie a déjà racheté au VAR sa centrale (près du collège d’Enhaut, et l’aire de jeux et piste de luge pour enfants) pour disposer d’un petit renfort au cas où il y auraient des problèmes pour les hôtels avec la centrale principale proposée sur le parking du Rendez-vous. Ainsi, RE a mis la charrue avant les boeufs, et on se demande pourquoi, vu que c’était prévisible que la centrale du Rendez-vous aurait suscité une flopée d’oppositions.


Il faut reconnaître que ces dernières années, les investissements du VAR ont beaucoup contribué à la vitalité d’une station un peu somnolente et en perte de vitesse. Pourtant, ce n’est pas une raison de leur donner carte blanche pour faire subir la pollution aux habitants, bien loin et hors de vu de leurs propres bâtiments et clients. Le VAR veut faire du chauffage à distance un argument de marketing pour leurs clients « soucieux » du développement durable et s’en fichent des conséquences réelles pour l’atmosphère et les habitants..

Il ne faut pas non plus oublier que les fonds qui alimentent le VAR proviennent pour la plupart de Mercuria, actif dans le négoce des combustibles fossiles et métaux.

Mercuria a profité de l’intervention de Trump au Venezuela et dans les detroits de Hormuz. Le business c’est le business, et on ne peut pas critiquer Mercuria de défendre ses intérêts commerciaux. Pourtant on ne peut que constater que les prétendus bénefices de son projet de centrale à bois/mazout à Villars pour l’environnement et la population sont complètement bidon.

En 2025, Mercuria a fait des profits de $1.3 milliards et n’a payé que $1million d’impôts.

Les actionnaires de Mercuria, dont M. Dunand, l’investisseur derrière le VAR, ont tiré une dividende de $1.87 milliards en 2025. ($5 milliards dans les dernières 5 ans).

On plaint la commune d’Ollon qui aurait de la peine à tenir tête à ce colosse. Comment pourrait-elle protéger les intérêts de ses habitants?

« 6M+ Barrels of oil equivalent commodities traded daily

1,700+ TWh of gas and power traded per year »

En comparaison, la consommation d’énergie du centre de Villars sur Ollon, c’est franchement dérisoire. N’est-ce pas?

Sur la photo (à droite), le président de Mercuria, (dont le secteur pèse pour 9% du PIB suisse) M. Daniel Jaeggi, faisait parti du « Team Switzerland » accueilli par Donald Trump à la Maison Blanche.


La construction au parking du Rendez-vous de cette deuxième centrale du VAR avec sa cheminée de 23 mètres, aura un impact considérable sur la qualité de vie des habitants de Villars/Chesières.

Il y a pas si longtemps, ce parking était censé être la « carte de visite » de notre station. La commune alors a amenagé le chemin pédestre partant de la télécabine jusqu’à la patinoire/piscine/village pour promouvoir la mobilité douce dans la station. On allait bien à pied sur ce chemin sympa, mais dès que le chemin se trouvera obstrué et pollué par la centrale CAD, on prendra plutôt la voiture, car on ne vient pas à Villars pour s’enivrer de particules fines.

En hiver, les jours de grande affluence, 10 000 personnes viennent skier sur le domaine de Villars-Gryon-Les Diablerets. Beaucoup de skieurs montent chez nous pour la journée et se garent sur le parking du « Rendez-vous ».

En été, ce parking accueille des évènements sportifs et des manifestations diverses. Toutes ces animations s’inscrivent dans la vision de notre commune de faire de Villars une destination touristique « quatre saisons ».

Les touristes affluent chez nous pour profiter de l’air pur, et pour faire du sport dans un cadre magnifique, sous un ciel bleu et…. dégagé.

Accueillir nos hôtes avec une cheminée de 23m crachant de la fumée en continu n’a aucun sens. Il y va de l’image même de la station. Une bonne réputation se perd qu’une seule fois!

Il faut comprendre que notre vie ici dépend du tourisme, donc on ne pourrait jamais se permettre les émissions (pas toujours très sympas!) sur une place entouré de petits chalets, de résidences sécondaires et où on accueille de nombreux touristes à la journée.

Quant à l’utilité de cette deuxième centrale pour Villars, ça reste à prouver.

Actuellement on ne dispose pas de données pour montrer un quelconque intérêt public pour ce projet. La commune nous explique que ces données « ne sont pas transmissibles car elles sont confidentielles 

C’est quand même incroyable, car sûrement l’essentiel pour un réseau de chauffage à distance c’est de communiquer les plans afin d’attirer le plus de consommateurs possible!!

Ce serait une drôle de façon de procéder si vraiment la commune avait à coeur de mettre en place un chauffage à distance au service des habitants du village, plutôt de faire l’intérêt de grands consommateurs comme le Villars Palace.

Pire, il apparaît que beaucoup de bâtiments de luxe liés au syndique, M. Turrian vont bénéficier des canalisations les reliant au CAD, et payés par le contribuable. Jusqu’ici le projet CAD n’a toujours pas été examiné ni voté par le Conseil Communal, qui pourtant a approuvé des millions de francs pour les conduites, qui peut-être ne serviront à rien.

L’octroi de nouveaux permis de construire à proximité du CAD, maintenant dépend de la volonté du demandeur de lier son bâtiment au CAD! C’est du chantage et digne d’un état mafieux….. en Suisse, chaque propriétaire devrait avoir le droit de choisir lui-même l’énergie qui convient à son projet.

Mais c’est quoi un chauffage à distance?

Cette vidéo désopilante de la TSR nous met un peu d’ambiance!


Morgins

Le projet CAD de Villars aura la même puissance que celui de Morgins. Pourtant la centrale de Morgins est approvisionnée en bois local, se trouve en périphérie de la station et a été conçue pour minimiser l’impact visuel .

A Morgins, l’intérêt principal de la centrale était de remplacer des chaudières à mazout, mais dans les zones du réseau du CAD de Villars, la principale source d’énergie est le gaz.

Sur la commune d’Ollon, la consommation de gaz reste assez stable car la consommation en 2020 était presque inchangée depuis 2016.

Pour l’approvisionnement en bois, Villars n’est pas comparable à Morgins, car ici il n’y a pas suffisamment de bois local. RE relève dans son rapport que le CAD de Villars aura besoin de 11GW/an de plaquettes de bois. Cependant la Commune d’Ollon ne peut que fournir 3.17GWh/an de plaquettes sèches et 1.26GW/an de plaquettes vertes, dont une partie sert déjà à fournir les chauffages communaux du Bruex et le Collège d’en Haut.

Donc, dans les meilleures conditions, (et c’est loin d’être gagné!) seulent un tiers du carburant du CAD serait vraiment « local ». En plus, ce bois serait mieux là où il se trouve actuellement (voir plus haut).

De ce fait, on aura encore des émissions de CO2 (pas comptabilisées) par l’acheminement du bois, avec en plus de l’incertitude quant aux disponibilités du bois et son prix.

Le site des services cantonaux de l’énergie et de l’environnement explique très bien les enjeux, et les cas où le chauffage à distance serait pertinent. Tout d’abord il faudrait une population étouffé et stable, ce qui ne semble pas être le cas ici. Mais jugez plutôt par vous-même.


cadvillars.ch est édité par Gill Nieuwland à Chesières.

Vous pouvez partager votre point de vue en toute confidence en me contactant à info@cadvillars.ch



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